Pierre Barbier
Directeur de la photographie - Cinematographer
-
BEP de Menuiserie2005
-
CAP de photographie argentique // Plusieurs expositions dans des galeries2007
-
Création de : Alchimeo, société de création audiovisuelle sur Lyon, Paris // Publicité // Corporate // Fiction // Chef opérateur2014
-
Directeur de la photographie indépendant sur plusieurs fictions et réalisateur de documentaire2020
D’abord menuisier, au contact direct de la matière brute, du bois que l’on choisit, que l’on coupe, que l’on assemble avec patience et précision. Apprendre à écouter la résistance d’un matériau, à comprendre ses veines, ses défauts, ses forces. Puis photographe argentique, plongé dans un autre type de matière, plus fragile, plus secrète : les grains d’argent de la pellicule, invisibles à l’œil nu mais porteurs d’images, de traces, de temps. Aujourd’hui, directeur de la photographie, travaillant avec une matière encore plus insaisissable et pourtant essentielle : la lumière. La matière, toujours la matière. Celle que l’on touche, celle que l’on révèle, celle que l’on façonne sans jamais la posséder. Et, au fil du parcours, toujours la lumière, déjà présente dans l’atelier du menuisier, déjà inscrite dans la chambre noire, désormais pleinement assumée comme langage.
Écrire la lumière devient alors un acte à part entière. La penser, la modeler, la composer pour servir un cadre, une mise en scène, un récit. Chaque source, chaque ombre, chaque contraste participe à une intention plus vaste, toujours au service d’une réalisation, d’une vision commune. Il ne s’agit pas simplement d’éclairer, mais de raconter, de suggérer, de guider le regard, d’accompagner les corps et les espaces. La lumière comme écriture sensible, capable de donner du poids à un silence, de la douceur à un visage, de la tension à un mouvement.
Capturer un instant, le suspendre ou au contraire le libérer, le mettre en mouvement dans la durée d’un plan, ou parfois le figer, le laisser immobile, presque hors du temps. Chercher ce point d’équilibre entre maîtrise et hasard, entre technique et intuition. Voir au-delà de ce qui est immédiatement visible, accepter l’obscurité comme une étape nécessaire pour mieux faire surgir la lumière. Passer de l’ombre à l’éclat, révéler ce qui se cache, donner une forme à l’invisible, et faire de cette traversée une expérience sensible pour celui qui regarde.